La fureur du Berserkr

Posted by Úlfdís    in Mythologie    August 29, 2011 10 Comments »

Bonjour,

Je suis Wayland Skallagrimsson. Je suis un membre de la foi Asatrù, et un prêtre d’Odin. Je travaille avec les runes et avec Odin d’une manière ou d’une autre depuis seize ans. Je suis impliqué dans la religion Nordique depuis dix ans. Je suis un Asatrùar depuis 6 ans. Je pratique la fureur du berserkr depuis quatre ans.

Je suis un polythéiste convaincu, ce qui signifie que je crois à l’existence littérale des dieux. Je ne les vois pas comme des modèles exemplaires. Je ne les vois pas comme des Archétypes Jungiens (bien que je crois qu’ils parlent à l’esprit humain à travers ces Archétypes). Je ne vois pas les dieux comme de simples aspects d’un créateur unique, ou “du Dieu” et “de la Déesse”.

Uppsala était un grand temple païen situé en Suède. Alors que nos ancêtres païens choisissaient habituellement des lieux de culte qui étaient à l’extérieur, comme des bosquets ou des sources, vers la fin de la période paléopaïenne ils construisirent aussi des structures dans lesquelles accomplir les rituels. Lorsque le temps d’Uppsala fut occupé par les chrétiens au 12e siècle, ce fut la fin symbolique de l’ancienne foi paléopaïenne.

J’ai créé ce site comme un acte de dévotion envers mes dieux, en paiement partiel pour toutes les choses qu’ils ont faites pour moi et celles qu’ils m’ont données. J’y fourni des autels en ligne, pour les païens qui sont trop pauvres, ou au mauvais endroit, ou en voyage, et qui n’ont donc pas accès à leurs propres autels. Je fournis aussi du contenu concernant l’histoire de la foi Asatrù, et aussi, une description de cette foi à notre époque moderne. Les jours sacrés, et les anciennes pratiques qui y sont associées y sont listés. Un texte sur mon “protecteur” Odin s’y trouve aussi, comme une description des pratiques, anciennes et modernes, du culte à mystères odinique appelé le Berserkrgang (la fureur du berserkr). D’autres textes les accompagnent.

J’ai appelé ce temple en ligne Uppsala en l’honneur du temple qui existait, en l’honneur du temps que nous trouvons en nous maintenant: la renaissance de notre peuple. J’espère que tu y trouvera une utilité, ainsi qu’un peu de joie.

Vive les dieux.


Avertissement

L’information et les pratiques décrites dans ce site sont le résultat d’années d’étude et de consécration à la compréhension des risques encourus. Ces descriptions sont fournies uniquement à titre d’information. Essayer réellement de pratiquer n’importe quoi que ce soit décrit dans ce site amènerait quasi certainement à des blessures, peut être même à des blessures graves voire la mort. Je vous mets sérieusement en garde contre cela.


La fureur du berserkr était la pratique d’une sorte de guerrier viking d’élite, appelé un berserkr. La signification du mot berserkr semble avoir varié selon les endroits. Il semble parfois signifier “dépourvu de cotte de maille”, en référence au fait que les berserkir combattaient sans armure. Il signifiait aussi parfois “chemise d’ours”, probablement en référence à une autre pratique consistant à combattre couvert d’une vraie peau d’ours, ou à la croyance que le berserkr se change parfois en ours. Certains berserkir (dans le premier sens du terme) étaient appelés des “úlfheðnar”, ce qui signifie manteaux de loups ce qui ressemble à la deuxième signification de berserkr. Il y aurait aussi eu des berserkir sangliers et des berserkir chats (des grandes espèces prédatrices).

On dit que Kveldulfr, qui est décrit comme un berserkr dans la Saga d’Egil, se changeait en loup. Voici ce que la Saga d’Egil a à dire à propos de la fureur du berserkr, le stade le plus frénétique dans lequel combat le berserkr:
“Voici ce que les gens disent à propos de ceux qui changent de forme ou ceux qui ont la furie du berserkr: tant et aussi longtemps qu’ils sont dans l’état de rage, ils sont si puissants que rien n’est trop pour eux, mais dès qu’ils en sortent, ils deviennent beaucoup plus faibles qu’en temps normal. “

La Ynglinga Saga dit:
“… ses hommes à lui allaient sans broigne, enragés comme des chiens ou des loups, mordant leurs boucliers, forts comme des ours ou des taureaux. Ils tuaient des gens mais eux, ni fer ni feu ne les navrait. C’est ce que l’on appelle la fureur des berserkir.”

Mais qu’étaient les berserkir ?

Les berserkir étaient décrits comme des “hommes d’Odin”. Ils étaient souvent décrits comme combattant ensemble en bandes de douze ou treize, et mention est parfois faite de fraternités de berserkir. Il semble que les berserkir étaient les pratiquants d’un mystère (dans l’ancien sens du terme) d’Odin, un état religieux extatique qui les rendaient redoutables lors des batailles. En cela ils diffèrent des autres types communs d’adeptes odiniques, en cela qu’ils ne sont habituellement pas des nobles et les dons qu’Odin leur accorde sont la puissance et la folie, plutôt que la stratégie martiale et la connaissance. (Et cela révèle quelque chose d’important sur la nature Odinique dont les deux types standards choisis sont ceux en haut de la société ou ceux qui en sont totalement exclus. Les deux sont libres des contraintes que la société impose, et sont donc libres de suivre leurs destins individuels où qu’ils les mènent.) Mais alors que les Asatrùars modernes tentent souvent d’imiter les hommes d’Odin de type aristocratique, le type de culte odinique des berserkir semble être totalement absent de notre époque moderne. Et ceci est une honte, car de bien des manières la voie du berserkr est une relation plus proche, plus intime avec le dieu. Mais qu’était exactement la fureur du berserkr ?

Il y a eu beaucoup de spéculations de la part des historiens et des anthropologues, à la fois amateurs et professionnels, sur ce qu’était exactement la fureur du berserkr. Les théories les mieux considérées sont essentiellement de quatre types:

1) Induction par l’alcool. Cette théorie suppose qu’un excès d’alcool pourrait avoir abaissé les inhibitions dans les esprits des berserkir, les rendant coléreux et enclins à des accès de rage, ainsi que disposés à infliger et subir de grandes souffrances sans s’en apercevoir réellement.

2) Induction par Amanita muscaria (l’Amanite tue-mouches). Cette théorie soutient que la fureur était atteinte par l’ingestion du champignon psychoactif Amanite tue-mouches (probablement le fameux soma de l’Inde). Ici le mécanisme est supposé être la grande force et l’endurance que le champignon est réputé donner à ceux qui en ingèrent, et que la rage pourrait être déclenchée par les propriétés psychoactives du champignon.

3) Les berserkirsn’ont jamais existé. Cette école de pensée soutient que les histoires de berserkir tiennent plus de la créature de conte de fées que de l’humain réel, puisqu’aucune explication simple ne peut être trouvée pour la fureur, ils ne peuvent avoir existé.

4) La fureur auto-induite. Cette théorie soutient que la fureur était une extase religieuse auto-induite qui provoque un changement temporaire dans la physiologie.

Ma recherche sur les berserkir et la fureur du berserkr m’a amené aux conclusions suivantes à propos de ces quatre théories.

1) Ne peut être induite par l’alcool. Les ivrognes ne sont pas de formidables combattants. Si vous êtes ivre au point d’être en proie à une rage incontrôlable, vous êtes trop ivre pour tenir debout ou pour marcher droit. Et l’effet anesthésique de l’alcool est traître. Un seul pic de souffrance intense et la personne retrouve souvent rapidement sa sobriété. C’est pourquoi les médecins et les dentistes sont passés de l’alcool au chloroforme comme anesthésique dès que ce dernier fut disponible.

2) Très peu probable qu’elle soit induite par l’amanite. Alors que de prime abord cela semble être une explication tout à fait plausible, confirmée par la pharmacologie du champignon, il y a quelques sérieux problèmes avec. Premièrement, il n’y a aucune transcription nul part qu’elle ait pu être utilisé dans ce but. Il y a très peu de preuves que les vikings aient même su qu’elle existe, excepté dans quelques lieux isolés. De plus, ce champignon ne pousse que lors d’une période limitée, uniquement dans certains sols, en relation symbiotique avec les bons arbres, et exclusivement dans des zones tempérées. Il n’existe pas de preuve qu’en dehors de cette saison les berserkir ne combattaient pas. De plus le champignon ne provoque pas seulement des nausées lors des premiers stades, les effets – et la durée des effets – du champignon varient grandement d’un “trip” à un autre. Cela ne serait pas pratique de dépendre de soldats qui peuvent vomir leurs tripes de manière imprévisible lorsque la bataille commence. Et, fait le plus révélateur, il est dit que les berserkir peuvent entrer en fureur à des moments complètement inattendus. Difficilement compatible avec l’ingestion de champignons (ou autres enthéogènes).

3) Il semble peu probable que les berserkir soient entièrement un produit de l’histoire. On parle d’eux de manière trop régulière, dans trop de sources pendant une trop grande période de temps. Et des problèmes les impliquant sont mentionnés dans des sources légales. En fait, durant la “conversion” au christianisme, des lois sévères furent prises contre le fait de devenir berserkr, mesures qui n’auraient pas été prises pour des créatures imaginaires issues de contes de fées.

4) Ma conclusion est que la fureur du berserkr était auto-induite, une forme d’extase religieuse. Mes raisons pour parvenir à cette conclusion sont nombreuses. Premièrement, la Saga d’Egil (ainsi que d’autres sources) parle de la fureur comme quelque chose qui peut tomber sur un berserkr de façon inattendue. Fabing cite des sources qui affirment que cela pourrait être obtenu par un travail laborieux. L’empereur Byzantin, Constantin VII, fait référence à la “danse Gothique” de ses gardes Varègues, qui était un cérémonial en pleine nature consistant à porter des peaux d’animaux. (Bien qu’il ne soit pas mentionné si les gardes Varègues étaient des berserkir – un terme que Constantin n’aurait pas pu connaître – ils sont décrits de manière identique.) Dans le même genre, des artefacts comme le plateau de Torslunda montrent Odin dansant avec des guerriers vêtus de peaux de bêtes. Dans la Saga de Volsunga, Sigmundr (choisi par Odin) et son fils Sinfjolti revêtent des peaux de loups et deviennent presque invincibles. On décrit les berserkir comme bondissant avant la bataille, ou faire les cents pas comme un animal en cage, ou frappant leurs boucliers. Des statues qui pourraient être celles de berserkir montrent des guerriers tirant fortement sur leurs barbes (ce qui est très très douloureux, pour ceux d’entre vous qui ne sont pas barbus). Ce que tous ces derniers exemples ont en commun c’est qu’ils tendent tous à induire un taux d’adrénaline élevé, que ce soit par la douleur ou par l’effort, ce qui est cohérent avec les descriptions comme étant une cause de la fureur. Et enfin, la fureur du berserkr est un phénomène qui n’est pas limité aux vikings. Les ménades grecques, prêtresses de Dionysos, sont décrites d’une manière virtuellement identique (et oui, elles étaient des combattantes d’après les légendes des guerres en Inde). Les exploits héroïques celtiques, pratiqués par des groupes de guerriers tels les Feanna, semblent aussi identiques. Je dois aussi mentionner les hommes léopards d’Afrique, les guerriers loups de l’ancien Moyen-Orient, et probablement la “Folie Furieuse” Indonésienne. Et dans beaucoup de ces autres cultures ces pratiques sont décrites comme étant auto-induites.

Donc si la fureur est auto-induite, comment est-elle induite ?

Il y a actuellement un bon faisceau de preuves (quoique largement circonstancielles) sur la façon d’invoquer la fureur du berserkr, si vous chercher suffisamment longtemps. Les techniques basiques peuvent être divisées comme suit:

1) Des déclencheurs physiques d’adrénaline comme la danse, les bonds, la prise de posture, etc… qui induisent la production d’adrénaline par la mise en mouvement répétitive d’un grand groupe de muscles (ce qui est une cause bien connue de production d’adrénaline).

2) Des déclencheurs physiques d’adrénaline comme le fait de frapper son bouclier, tirer sa barbe, se couper, etc… qui induisent la production d’adrénaline par la souffrance, un autre déclencheur d’adrénaline bien connu.

3) L’excitation, un autre déclencheur d’adrénaline, comme dans le jeu de balle d’Egill, ou juste avant la bataille.

4) L’invocation bienveillante d’un esprit animal en portant sa peau ou en agissant de la même manière que l’animal. Cela semble amener l’esprit à un état réceptif permettant de devenir comme l’esprit d’un animal.

5) Avec l’aide du dieu Odin.

Laissez moi expliquez ce dernier point avant de continuer. La signification du nom Odin est approximativement “semeur de furie”. Ceci est cohérent avec l’hypothèse que l’adrénaline est un composant majeur de la fureur du berserkr, puisque la furie est le principal résultat de l’excès d’adrénaline. Mais nous devons être prudents ici. C’est un vieux mot, od (ou wod selon le lieu et l’époque), et “furie” ou “fureur” sont seulement des traductions. Elles ont certaines implications pour nous, hommes modernes, que les anciens païens n’ont peut être pas partagées. Od ne signifie pas juste furie au sens où nous l’utilisons, mais il semble aussi signifier possession, comme par un esprit ou un dieu. Ainsi la fureur du berserkr n’est pas une simple démonstration de mauvais caractère, ou de rage incontrôlable, mais quelque chose de transcendant, quelque chose de sacré. C’est un état extatique.

La possession est un état d’esprit inhabituel dans lequel l’unité avec un dieu ou un esprit est atteinte, où la limite de l’ego qui sépare le moi du dieu ou de l’esprit est effacée, celui qui est possédé “devient” le dieu ou l’esprit en question. Cette pratique existe dans de nombreuses religions différentes, des plus obscures aux plus connues. Les pratiquants du Vaudou s’y livrent lorsque ils sont “chevauchés” par le loa. On le trouve aussi dans le Catholicisme, sous le terme d’Union Mystérieuse, où le pratiquant (habituellement un moine ou une nonne) devient un avec le dieu Chrétien pour un instant.

Donc il semblerait que la fureur du berserkr commençait avec la furie telle que nous hommes modernes comprenons ce terme. Le berserkr pouvait utiliser différentes techniques physiques pour arriver à un haut niveau d’adrénaline, et pouvait après appliquer des techniques de rituels religieux et/ou bienveillants et devenait possédé, entrant dans un état extatique, et devenait un loup, ou un ours, ou même peut être Odin lui-même.

Mais une technique hypothétiquement valide peut-elle être développée pour induire la fureur du berserkr ? Pour faire cela on aurait besoin de savoir ce qu’est la possession, de manière assez détaillée, pour être capable de deviner un rituel valide pour provoquer la possession. Mais peu de savoir a survécu de l’époque païenne sur la façon exacte dont ils arrivaient à de telles choses.

Par chance, , alors que les cultures changent le cerveau humain reste plus ou moins le même. Récemment une équipe de neurobiologistes entreprit une étude pour déterminer les causes de l’expérience religieuse dans le cerveau.

(Laissez moi faire un aparté ici et expliquer quelque chose sur mon point de vue qui a besoin d’être compris pour voir à quoi je veux arriver. L’étude devait déterminer les causes de l’expérience religieuse dans le cerveau. Ce n’est pas la même chose que de définir ce que sont les causes de l’expérience religieuse. De manière simple trouver une racine biologique de l’expérience spirituelle dans le cerveau n’invalide en rien l’expérience spirituelle, ni ne prouve que l’expérience était “réellement” juste un phénomène physique, biologique. Laissez moi vous donner un exemple, un utilisé par l’équipe de neurobiologistes eux-mêmes: supposez que vous mangez une tarte aux pommes. Lorsque vous le faites, des neurones s’excitent dans les zones du goût, du toucher et de l’odorat et votre cerveau, de la dopamine est produite ce qui vous donne un sentiment de plaisir. Est ce que ces choses infirment l’existence de la tarte aux pommes ? Bien sûr que non, elles décrivent juste les mécanismes de votre cerveau pour traiter l’expérience du fait d’en manger une. De la même façon je crois en l’expérience spirituelle. Je ne crois pas que la science et la religion ou la spiritualité soient en conflit. Elles décrivent chacune les mêmes choses depuis différents points de vue.)

En tout cas l’un des expériences religieuses spécifiques que les neurobiologistes étudièrent fut l’Union Mystérieuse, la pratique mystique Catholique de possession. Bien que la religion diffèrent grandement, le processus que le cerveau utilise doit être très similaire. Je vais résumer des découvertes pertinentes qu’ils publièrent dans leur livre “Why God Won’t Go Away” (Pourquoi Dieu ne s’en ira pas).

Il existe une portion du cerveau appelée le lobe pariétal postérieur supérieur, ou la zone d’association d’orientation (ZAO pour faire plus court). La ZAO oriente les individus dans l’espace et ce faisant distingue l’individu de tout le reste. (En d’autres termes, elle fait aussi la distinction entre “moi” et “non moi”.) La ZAO montre une activité accrue durant les différentes formes de méditation, et pendant les états les plus profonds de la méditation elle réduit violemment son activité.

Le corps humain contient deux divisions du système nerveux autonome (le pont de nerfs entre le cerveau et le corps). L’une est le système nerveux sympathique, qui excite le corps, stimule la production d’adrénaline, augmente le rythme cardiaque, la pression sanguine, le rythme respiratoire et le tonus musculaire. L’autre division est le système nerveux parasympathique, qui calme le corps, économise l’énergie, garde les fonctions basiques du corps en équilibre, régule le sommeil, provoque la relaxation, distribue les nutriments à travers le corps, et joue un rôle dans les fonctions d’auto-guérison du corps. Ces deux divisions du système nerveux autonome sont habituellement antagonistes, ce qui signifie que pendant que l’un ou l’autre est “actif”, mais pas les deux en même temps, chacun inhibant généralement l’activité de l’autre.

Dans certains états de conscience altérée extraordinaires, lorsque l’un des systèmes ou l’autre est poussé à un effort maximal, les deux fonctionnent en même temps. Cela peut être déclenché par une activité physique ou mentale intense, comme une concentration prolongée.

L’action élevée du système nerveux sympathique est une source de stress, à la fois au sens physique et au sens émotionnel. L’esprit veut être délivré de ce stress. Plus il l’endure, plus le stress devient grand. Cela oblige le cerveau à utiliser toutes ses ressources pour trouver une solution à la situation qui provoque le stress. A la fois les fonction de déduction du cerveau cerveau et l’approche holistique du cerveau droit sont utilisées. Lorsqu’ils se rencontrent, se synchronisent, les centres du plaisir situés dans l’hypothalamus sont stimulés. Cela enclenche le système nerveux parasympathique. Pendant un instant le système qui excite et celui qui calme sont actifs en même temps. L’extase et la crainte. C’est l’instant eurêka. Maintenir cet état est appelé par les chercheurs “l’état unitaire”.

Ceci est alors la manière dont un dieu, un esprit ou un mythe est expérimenté par le cerveau. C’est l’unification des cerveaux gauche et droit, de la logique et de l’émotion, et parce que c’est la synthèse ultime du cerveau humain cela semble être la vérité ultime.

Pour citer directement “Pourquoi Dieu ne partira jamais”:

“La capacité du rituel humain à produire des états unitaires transcendants est le résultat de l’effet d’un comportement rythmique ritualisé sur l’hypothalamus et sur le système nerveux autonome.”

Si le comportement rythmique est rapide, le système qui excite est amené de plus en plus haut. L’hippocampe appuie sur les freins et l’influx nerveux vers certaines zones, comme la ZAO, est réduit. Les états unitaires sont produits par un sentiment du soi atténué et l’absorption et de dernier dans une réalité plus large provoquée par cette mise en berne de la ZAO.

Il existe deux types d’état unitaire qui résultent de ce processus. Je vais ici me concentrer sur l’activité responsable de la sensation de l’Union Mystérieuse et d’autres formes de possession. Cela survient avec une concentration soutenue sur une pensée ou un objet d’attention. Cela maintient la partie droite de la ZAO active. Cette partie de la ZAO est responsable de la formation d’un sens de l’espace autour de l’individu. La partie gauche, la partie responsable du sens du moi, est désactivée comme décrit ci dessus. Le résultat de cela est une sensation du moi qui fusionne avec l’objet de contemplation. Si le rituel qui produit l’état est de nature religieuse, alors se concentrer sur un dieu ou un esprit amènera à une fusion avec ou un remplacement par le dieu ou l’esprit (si la désactivation de la zone gauche de la ZAO est complète).

Et bien sûr, pour être efficace, le rituel visant à provoquer l’état unitaire doit fusionner les comportements avec les idées et les émotions. C’est pourquoi juste une idée ou un comportement ne servira pas.

La fureur du berserkr pourrait alors avoir été provoquée de la manière suivante:

1) On entre dans un état méditatif léger, pour purger l’esprit et le rendre prêt à ce qui doit advenir.

2) Des prières à Odin sont prononcées, en tant qu’objet de contemplation. (Pourquoi Odin et pas le loup, l’ours ou autre ? La fureur est amenée par Odin, il est l’inspirateur, ce qui amène quelque chose d’extérieur au soi dans le soi. Ceci est le ond, l’inspiration, ou souffle vital. Cela déclenche le wod, ou furie et la possession, et c’est là que le loup, l’ours ou autre vient. En tant que dieu, Odin est un concept “plus large” que l’animal, et donc l’effet qu’il a sur l’esprit durant le rituel sera plus grand.)

3) La danse commence. En sautant ou en faisant les cent pas comme un animal. Ces actions doivent être accordés avec la contemplation. Le berserkr doit danser avec Odin. Odin doit amener l’animal qui est à l’intérieur à l’extérieur, et le fait de bondir doit être une expression de cela. Le but ici est de faire monter le taux d’adrénaline en mettant en mouvement de grands groupes musculaires, et de fusionner ce processus physique avec le processus interne, spirituel.

4) Le berserkr commence une série d’autres actions visant à augmenter et approfondir ce processus. L’hyperventilation commence, car cela augmente aussi le taux d’adrénaline et cela suroxygène le sang, apportant ainsi une énorme réserve de carburant au corps, prête à être utilisée. Des grognements sont poussés, pour faire sortir l’animal par sympathie. Des actes qui entraînent de la douleur sont accomplis, comme tirer violemment sur la barbe, ou frapper le bord du bouclier, ou se faire de longues coupures superficielles sur le corps. La douleur augmente le taux d’adrénaline. Ces actes devraient aussi être vus comme un sacrifice à Odin, dans le sens où cela continuerait le processus de fusion entre le comportement et l’idée. Mais aussi parce que sacrifier à un dieu dont vous demandez l’aide est simplement la bonne chose à faire. Prendre certaines postures pourrait aussi avoir été utilisées. Rejeter les épaules en arrière ainsi que la tête pendant que l’on courbe le dos vers l’arrière jusqu’à la douleur serait une posture efficace, car elle laisse le dos vulnérable à la cassure si juste quelques kilos de pression supplémentaires étaient appliqués. Alors que le processus est sans danger, le subconscient ne le sait pas et panique, produisant encore plus d’adrénaline. (J’ai repris cette dernière idée d’un style de Kung Fu, où elle est utilisée pour des buts identiques.)

A un certain point de ce processus, la rage simple, le coup de fouet d’adrénaline va se changer en quelque chose d’autre. On entre en fureur.

Mais à quoi ressemble la fureur ?

Ce qui suit est une description de ce à quoi ressemble la fureur, basée sur ma propre expérience en tant que berserkr. Bien sûr, utilisant le rituel décrit ci dessus, la fureur commence par le calme provoqué par la méditation. Alors que la danse, les postures, l’hyperventilation et les grognements commencent, le premier changement qui est visible est que tout semble plus net. Les sons sont un peu plus clairs. Les sens commencent à s’aiguiser. Les prières vers et les contemplations d’Odin sont principalement des intellectualisations. Le corps commence à se tendre, parfois entièrement, parfois partiellement et aléatoirement. Cela peut amener les mains à ressembler à des griffes. Puis les émotions commencent à atteindre des pics, montant de façon aléatoire en force. La respiration devient d’abord plus rapide et superficielle et alterne alors avec une respiration profonde, lente, issue du diaphragme. Peut alors survenir une conscience de l’espace tout autour de vous, à la fois dans la vision périphérique et même en dessous. Chez certains berserkir, la couleur des yeux peut changer.

A cet instant la totalité du champ de vision devient éclatante et brille. Les émotions montent et ici commence un haut degré de connectivité entre les contemplations, les actes et les émotions. L’esprit est parfois facilement déséquilibré à ce stade. Il peut se produire une sensation panique d’être piégé. Il peut venir une certitude que Quelque chose d’Horrible se tient juste derrière l’épaule. Des voix qui chantent ou crient des choses folles peuvent être entendues. Il peut y avoir l’étrange sensation qu’on est en danger imminent de tomber.

Ce stade qui est appelé psychetachia, est la perception que le temps hors du corps tourne étrangement lentement. Les objets qui tombent peuvent sembler flotter jusqu’au sol. Il y a différentes raisons à cela. L’une est le haut niveau d’adrénaline dans le corps à ce moment là. Elle tend à accélérer les processus de l’esprit. Une autre est que la fureur du berserkr est essentiellement une fonction du cerveau reptilien, la partie la plus primitive du cerveau. Alors que la fureur arrive au cerveau néomammalien, la partie la plus “humaine”, ses fonctions vont décroissant, jusqu’au point même de s’arrêter. Les processus du cerveau néomammalien sont ralentis et maladroits. Lorsqu’ils cessent de fournir l’influx pour l’attention consciente, il y a encore moins de distraction. Les fonctions primitives du thalamus et de l’hypothalamus, les “principaux interrupteurs” du cerveau, prennent le contrôle. Celles-ci sont des fonctions réactives et non-conscientes. Elles sont des sorte d’instincts qui ferment les paupières lorsque quelque chose bouge brusquement vers l’oeil, et qui éloigne la main d’une source de chaleur avant qu’il n’y ait une sensation de brûlure. Elles sont aussi les déclencheurs des instincts acquis, des schémas de comportement acquis. Ceux-ci peuvent, avec de l’entraînement, être des choses assez complexes, mais parce qu’on y accède de manière subconsciente, ils se produisent à des vitesses subconscientes plus rapides. On peut apprendre une sorte de prise de décisions subconsciente. Et le potentiel électrique dans les cellules nerveuses augmente et approche du seuil de tir. Ainsi il suffit seulement d’un faible signal pour générer les impulsions nerveuses.

Il y a aussi un accroissement de la force, dû à la fois au niveau élevé d’adrénaline et à la coordination accrue avec laquelle bouge le corps. Après tout, moins d’énergie perdue signifie plus d’énergie disponible pour être mise en action. La résistance accrue à la douleur peut aussi contribuer à cela, puisque plus d’énergie peut être mise en action s’il y a moins de conséquences déplaisantes à cela. En même temps que tout ceci commencent des visions fortes en lien avec les prières et les contemplations, ainsi que les associations qui viennent du rituel. Elles seront donc d’Odin, ou de l’animal (loup, ours ou autre) au sens totémique. Il peut y avoir des flashs venant de l’esprit animal. Une posture de type animale est adoptée. On peut se mettre à grogner ou à gronder.

Tous les poils et cheveux du corps commenceront alors à se dresser après ça, et la peau prendra un aspect “chair de poule”. Le pouls est vraiment très rapide à ce stade (180 à 220 battements par minutes dans mon souvenir. Probablement horriblement mauvais pour vous). Les muscles sont gonflés et les tissus et chairs du corps enflent sous l’effet de la pression sanguine accrue (ceci et les cheveux et poils dressés peuvent donner l’impression que le berserkr est un peu plus grand). Le visage devient presque rouge. C’est le point culminant de la fureur, le changement. Le système nerveux parasympathique se déclenche violemment, en réponse à l’énorme stress que le corps et l’esprit subissent. Il se produit alors un sentiment d’extase. L’état unitaire est atteint. Il se produit des visions suffisamment fortes pour bloquer complètement la vision physique, même si les yeux sont ouverts. Le berserkr devient le loup ou l’ours. L’émotion devient pure. Il y a de la haine plutôt que de la colère, du plaisir et de l’extase plutôt que de la joie, l’amour est indescriptiblement transcendant, il y a de la terreur plutôt que de la peur. Le système nerveux parasympathique essaye de soigner et de rééquilibrer le corps. Et à cause de l’état dans lequel est le corps, le système nerveux parasympathique a accès à toute cette incroyable énergie. Il est alors réellement capable de guérir les tensions musculaires, les douleurs, etc. à une vitesse remarquable. Et ceci augmente la force encore plus, de telle façon que le berserkr peut alors, par exemple, jeter un gros rocher avec tellement de force que ses muscles se bloquent en un noeud inextricable, et ils se détendent soudainement, se dénouent et semblent en aussi bon état que s’ils s’étaient reposés depuis des jours.

Il y a aussi à ce stade une production d’écume ou de bave à la bouche dan certains cas. La psychetachia est extrême. Les muscles se détendent et il y a un léger sentiment de “se caler dedans”. Le berserkr se sent comme un lit de rivière à travers lequel dévale un torrent d’émotion et de puissance. Tout ce que le berserkr regarde, le berserkr le devient, atteignant un état unitaire avec. Cela augmente la précision et la justesse des réactions et des réflexes du berserkr. La coordination entre la main et l’oeil est améliorée. Si le berserkr est face à un adversaire, il y a alors une précision accrue de l’anticipation du prochain mouvement de l’adversaire. Le berserkr est dans un état étrange de “contrôle de la rage”. L’esprit est détendu, concentré et pur, et les émotions pures fournissent un carburant pour un traitement rapide. L’objet de l’attention du berserkr devient l’entièreté de son monde, et tout le reste n’existe plus. Mais les réflexes sont suffisamment rapides pour que l’inattendu puisse quand même être géré de manière immédiate. Le berserkr a le sentiment d’être plus éveillé, plus conscient que jamais auparavant, d’être EVEILLE !!! Tout est comme il doit être, tout est à la bonne place. Mais parfois le berserkr va, en agissant par instinct, méjuger à tel point une situation, qu’il va faire quelque chose de réellement inapproprié et de stupide. C’est à cela que sert l’entraînement ; à réduire la fréquence de ce genre de choses, et à apprendre comment s’en remettre rapidement.

Après la fureur vient la fatigue. Elle est proportionnelle en durée et en intensité à la durée et à l’intensité de la fureur (Après tout, toute cette énergie doit bien venir de quelque part). Les muscles seront un noeud de douleur. Le berserkr sera souvent trop faible pour tenir debout. Une dépression s’installe parfois, et elle est parfois sévère. On se sent “à bouts”, et on est irritable. Se tenir loin des autres pendant cette fatigue est une bonne idée, spécialement à cause du fait qu’il y a une sensibilité émotionnelle et une propension à mal interpréter les pensées des autres. Parfois la douleur dans le corps est si violente qu’elle déclenche une autre fureur, plus légère, juste pour faire face à la douleur. Comme il n’y aura souvent pas assez d’énergie dans le berserkr pour se remettre en état de fureur délibérément, c’est un hasard remarquablement bien fait. De cette façon le berserkr “redescend” en douceur vers un état plus normal. La seule chose qui rend tout ce processus supportable c’est le grand sentiment de paix et de plénitude qui l’accompagne. A ce stade, se jeter sur un plat riche en hydrates de carbone et en protéines (contenant préférentiellement des pommes de terre) suivi d’un bon sommeil est recommandé.

Mais il est difficile d’atteindre ces états de conscience sans expérience de ces états, et nous commençons tous par cette absence d’expérience. Pour donner un avantage au néophyte, les anciens berserkir semblent avoir utiliser un rituel d’initiation. Ces rituels, d’après ce que montrent les traces que nous en avons, impliquaient de mettre l’initié dans une situation dangereuse, une situation qui requerrait toutes ses ressources. L’élément de danger, le besoin, sont les meilleurs déclencheurs d’adrénaline, ainsi qu’un coup de pied au cul de l’esprit pour atteindre ce Quelque Chose de Plus. Dans la Saga de Grettir, Bjorn jette la cape de Grettir dans la tanière d’un ours. Grettir doit y entrer seul pour affronter l’ours à mains nues dans un espace confiné et revenir avec une griffe en guise de preuve de son expérience. Des plaques de heaumes en bronze de Suède montrent des humains luttant contre des ours. Dans la Saga de Hrolf Kraki, Hjalti subit une bataille simulée avec un faux monstre pour les mêmes buts.

Lorsque j’ai voulu pratiquer la fureur du berserkr j’ai réalisé que j’aurai vraiment besoin d’un tel rituel d’initiation. Je décidais d’organiser une épreuve pour moi-même dans un lieu avec une atmosphère favorable à un tel rituel. (J’ai choisi une ville fantôme dont la légende dit qu’elle fût abandonnée il y a des siècles parce que tous ses habitants étaient soit sorciers soit loups-garous.) Cela aiderait l’association de l’action et de l’émotion nécessaire au rituel. Je passais le mois précédent en prières et en étude. Une fois au centre des ruines j’exécutais une incantation Russe pour devenir un loup-garou ou oborot en russe. Le fait de prononcer des mots rituels pendant que j’accomplis des actes rituels aide à focaliser la conscience de telle façon qu’elle s’ouvre à l’expérience à venir. Après le rituel (qui impliquait de coller un couteau en cuivre fait à la main dans un tronc d’arbre tombé et de sauter par dessus) je passais au dessus d’un feu qui avait été allumé avant. Là je jurais de tenir la main dans le feu jusqu’à ce que je change, atteignant l’union avec le loup. Je choisissais cette méthode parce qu’elle fournissait un élément de véritable danger sans que cela ait peu de chances de me tuer. Cela semblait être un bon compromis entre efficacité et sûreté. Je commençais à prononcer des prières à Odin, m’agenouillais et plaçais ma main dans le feu. Je tenais au rituel décrit plus haut pour parvenir à la fureur, en gardant ma main dans le feu. Je criais, et ceci alimenta un sentiment de rage et de terreur et lorsque la douleur devint insupportable je ressenti un instant de besoin quasi irrésistible d’enlever ma main du feu. Lorsque je la maintint au delà de ce moment, le cri devint un hurlement et je devins un loup.

Mais il y a un autre élément des berserkir et de la fureur du berserkr qui est mentionné dans les mythes. On parle quasiment toujours des berserkir comme étant nés berserkir. Il semble que bien qu’il existe des techniques pour initier et développer la fureur, cela a toujours été quelque chose “déjà présent à l’intérieur”. Mais comment pouvez vous dire si vous en êtes un ? Je vais raconter mes expériences à ce sujet et transmettre l’information venant d’autres berserkir que je connais.

J’ai toujours su que j’étais différent des autres. Je ne savais pas ce qu’était cette différence au départ, mais je le découvris petit à petit. Je me sentais différent à propos de tout. Je ne semblais pas avoir des niveaux d’émotions calmes et normaux. Je ne me sentais pas juste bien ou joyeux, mais étais violemment enthousiaste à propos de tout (une source constante d’embarrassement, puisque les autres ne partageaient habituellement pas cet enthousiasme). Je n’étais jamais juste en colère, mais plein de rage et haineux. Je n’étais pas juste anxieux, mais constamment terrifié. En tant qu’adulte j’ai été engagé de nombreuses fois car je tombais profondément amoureux très facilement. Je n’arrivais jamais à ajuster mes émotions, la façon dont je ressentais les choses, à la façon dont les autres le faisaient. Cela m’a amené à être considéré par les autres comme quelqu’un sans émotions, quelqu’un de froid, puisque j’étais obligé, faute de mieux, de cacher quasiment toutes mes émotions.

Ma première expérience avec la fureur du berserkr eu lieu à l’âge de sept ans. J’étais en deuxième année, et je me faisais ramasser par une terreur de quatrième année. Un jour qu’il me poussait un peu trop loin, et cette fois ci je ne me mis pas à courir. La dernière chose dont je me souviens c’est un sentiment de haine, et un frisson d’énergie, et ma vision devint rouge. (J’ai toujours pensé que ce n’était qu’une expression. Mais maintenant je sais que cela vient de l’accroissement de pression sanguine dans les capillaires des yeux – vous voyez réellement à travers votre propre sang.) Puis tout devint noir. Lorsque je revins à moi nous étions de l’autre coté de la cour de l’école, j’avais l’arrière de sa tête dans la main, je l’avais frappée contre le mur de briques de l’école tellement de fois que nous étions tous deux couverts de sang. Je ne m’étais pas juste battu. J’avais tenté de le tuer. Il a fallu six garçons plus âgés pour me séparer de lui. Ils me dirent que j’avais crié et qu’ils avaient fui rien qu’en voyant l’expression de mon visage. Je l’avais apparemment pourchassé trois fois autour de l’école. (Après ceci la terreur et moi sommes devenus amis. Comme quoi.)

L’expérience me terrifia pour bon nombre de raisons. Je devins obsessivement inquiet sur le fait de perdre le contrôle. Et mes émotions semblaient avoir changées. J’étais plus tout. Je devins plus facilement coléreux, je riais plus facilement, j’étais plus facilement effrayé. Cela était aggravé en plusieurs occasions par d’autres fureurs arrivant naturellement, et le fait que je ne savais pas du tout ce qu’il se passait. Je n’arrivais pas à gérer la tempête constante de mes émotions, alors je commençais à me refermer. Je devins incapable de parler facilement aux gens. Je commençais à faire une dépression, qui souvent virait à l’envie de suicide, et qui ne me quitta qu’une fois adulte (bien que maintenant j’en sois libérée depuis des années). Je passais ces années incapable de comprendre quoi que ce soit aux motivations des autres. Et personne ne semblait comprendre les miennes (bien que de manière évidente plusieurs étaient juste des bêtises d’adolescent). Mais je pense que j’ai fait tourner mes parents en bourrique. Je pense même qu’à certains moments ils commencèrent à se demander si je n’étais pas psychotique, ou autre. A l’adolescence, je commençais à avoir des visions, et d’étranges état d’esprits lors desquels je sentais que j’étais un loup.

Je commençais à comprendre un peu ce qui m’arrivais, finalement, lorsque mon père me raconta un morceau de l’histoire familiale. Il me décrivit ce qu’était un berserkr, un peu comme je l’ai fait plus haut, mais sans aucun des aspects religieux ou liés à l’animal. Il me dit que d’après la légende familiale la fureur du berserkr était présente dans notre famille. Je pensais que cela pouvait avoir un lien avec ce que j’expérimentais, mais à cette époque je n’y ai pas prêté plus d’attention. Je me mis alors à la pratique de l’Asatrù, via un bref passage par la Wicca. J’aspirais à une capacité de prêtre d’Odin. Je me dédiais à lui, d’abord de façon assez superficielle, puis de façon plus profonde. Je m’essayais à la pratique du seiðr, mais cela me prit des années de créer un système qui semblait cohérent avec les anciennes descriptions et qui semblait vraiment marcher. Je commençais à me lier à Odin en tant que pratiquant du seiðr. Finalement, j’en vint à penser qu’il devait y avoir une voie plus intime pour travailler avec Odin, et l’étude des sagas en quête de modèles exemplaires m’amena à la fureur du berserkr, et cela me ramena aux contes de mon père, et à mon étrange enfance, et j’en vins à chercher une initiation.

Qu’est ce que la fureur du berserkr signifie pour moi ? Je suis un úlfheðinn, et le loup est, pour les anciens Norrois, le symbole des mondes des morts, et des morts eux-mêmes, et des psychopompes. Par conséquent, j’expérimente la fureur du berserkr comme un état unitaire avec Odin sur Yggdrasil, Hangatyr. Je l’expérimente comme Vegtam, qui voyagea jusque Hel pour ramener une sorcière morte puis lui révéler ce qui est caché. Je l’expérimente comme Wod, en tant que chef de la Chasse Sauvage (Les berserkir liés à d’autres animaux pourront avoir des expériences et liens différents). Cette unité avec lui, cette danse avec lui amène le loup en moi. L’expérience de ce à quoi ressemble cette unité est impossible à communiquer à quelqu’un qui n’a pas vécu une expérience similaire, et de toute façon c’est une rune, un mystère, dont on ne doit pas parler. Cela est devenu le centre de ma vie religieuse, de ma croyance. C’est une forme active de prière. C’est l’expérience d’Odin, qui ne peut être obtenue par une approche intellectuelle. Et cela m’a apporté beaucoup, de bien des façons. Je ne suis plus malade, alors que j’avais l’habitude d’être malade tous les hivers. Je ne souffre plus des problèmes de dos que j’avais. Mon énergie est plus importante. Ma dépression est partie. Toutes les parties de moi s’assemblent. Je me sens entier comme je n’avais jamais pensé que cela fut possible. J’ai pris ces forces qui me déchiraient j’appris à les utiliser, à les intégrer à moi, à les faire travailler pour moi. Je suis un berserkr parce que je n’ai pas d’autre choix, c’est ce que je suis.

Il semble que parmi les quelques autres berserkir que j’ai rencontrés, ou à qui j’ai parlé, ou dont j’ai lu les écrits, la plupart ont parlé des caractéristiques suivantes en commun avec les miennes: le choix de laisser les émotions au “maximum” ou de devoir les “éteindre”, la sensibilité émotionnelle accrue après une crise de fureur (à la fois celle lié à la fatigue, et sur le long terme). L’expérience de la psychetachia et de la force accrue. Les sens exacerbés. Beaucoup ont eu des visions. Beaucoup, mais pas tous, ont expérimenté le fait de devenir un animal prédateur. Certains ont des connections religieuses. Certains non. Tous sentent qu’ils sont nés ainsi, et qu’ils n’ont pas le choix d’être autre chose. Des épaules anormalement larges et de grandes mains sont très communes parmi les berserkir. On peut supposer que les épaules larges sont un trait adaptatif des berserkir, pour nous aider à supporter la fureur en augmentant notre capacité pulmonaire. Le fait d’être velu est commun, spécialement les sourcils touffus ou des sourcils qui se rejoignent chez les hommes. Les berserkir ont tendance à être grands et larges, ou petits et fins. Des traits grossiers ou laids sont peu communs.

Quel est le bénéfice de la fureur du berserkr dans un sens sociétal plus large ? Elle peut l’être de deux façons. L’une est que de telles pratiques servent de “valves de sécurité” pour ceux qui sont nés trop différents pour se fondre dans la société, et qui, sinon, emploieraient leurs énergie d’une façon destructrice. Mais l’autre utilité est la plus importante, car c’est la véritable fonction d’Odin dans la société (sa fonction en tant que Seigneur du Valhalla est un détail, et est seulement secondaire). C’est le rôle de l’homme qui pratique le seiðr, le loup, le hors-la-loi, une personne qui vit délibérément hors de la société pour suivre un autre chemin. Comme vous le voyez, ce qui est statique est mort. La vie a besoin de changement pour se maintenir. Mais il est difficile d’entretenir de véritable changement de l’intérieur, car la société tend à être conservatrice, et à aller vers le statique. Il y a donc parfois un besoin pour un intervenant extérieur, quelqu’un qui peut amener du neuf, qui est dans l’Utgard, pour ceux qui sont dans l’Innangard.

Un exemple de ceci dans les temps moderne est Einstein, un scientifique autodidacte à une époque où la science était au point mort, incapable d’apprendre quoi que ce soit de plus. La plupart des développements scientifiques et technologiques modernes sont dûs au fait qu’il a attaqué depuis un point de vue extérieur. La fureur du berserkr est un grand torrent de puissance et d’inspiration qui peut être dirigé et focalisé de nombreuses façons. Quelque soient les activités dans lesquelles le berserkr s’engage, elles seront plus facile et plus efficaces de par le fait qu’il est un berserkr, incluant les activités hautement intellectuelles comme l’art, la poésie, la science et les mathématiques. Mais cela a un prix, et quiconque souhaitant en bénéficier doit aussi dévouer sa vie à le payer, une chose qui n’est pas toujours facile. Je suppose qu’il serait possible d’apprendre la fureur du berserkr sans être né berserkr, mais ce ne serait pas souhaitable sur le long terme. Les berserkir peuvent aisément développer des inhibitions et des blocages émotionnels forts impliquant la fureur, et se retrouver avec une connexion corps-esprit forte qui travaille contre eux. Toutes sortes de maladies psychosomatiques peuvent se développer à cause de cela et tourner à de sérieux problèmes de santé sur le long terme.

L’état extatique décrit ici en tant que fureur du berserkr est celui d’Odin en tant que Wod, le Furieux, le Rageur, le Possédé, l’Inspiré. C’est un feu dans l’esprit et le sang. Mais ceci n’est finalement qu’un stade, et un type d’état unitaire. L’autre type implique un arrêt d’envoi d’influx de toutes les parties de la ZAO, aboutissant à une expérience lors de laquelle il n’y a plus aucun sens du moi ou de quoi que ce soit d’autre, que ce soit l’espace ou le temps. J’appelle cet état extatique l’expérience d’Odin en tant que Helblindi, l’aveugle de Hel. (je ne connais aucun texte expliquant pourquoi il est appelé ainsi, mais c’est un nom qui décrit très bien l’expérience). C’est comme si Odin était d’abord rencontré en tant que Wod, et le sang brûle, et l’esprit devient tellement éveillé qu’il contient tout. Et ce tout contient autant d’obscurité que de lumière, autant de positif que de négatif, autant de guérison que de maladie, il contient tout et son opposé, et ainsi il s’auto-annule. Une grand obscurité, comme celle au plus profond de la nuit, émerge de l’intérieur. Le feu se brûle lui-même, et brûle l’ego et le monde au dehors. Comme Hangatyr ou comme Vegtam, Odin descend au royaume de Hel et y devient Helblindi.

L’effet que cela a sur la fureur est fascinant. Le gonflement des muscles et des tissus se réduit. Les poils du corps retombent. La respiration revient à la normale. Le corps commence à se détendre. Mais l’esprit ne redescend pas immédiatement, et lorsque une imperfection dans l’état de helblindi ramène le berserkr hors de cet état, l’esprit revient par réflexe à la dernière chose qui était prédominante. C’est-à-dire la fureur. Mais l’esprit est alors différent. Il a seulement un modèle, une approximation de l’information qu’il contient. Beaucoup de détails sont perdus. Et en cela réside le grand avantage de cet état. L’esprit, helblind, est, de manière surnaturelle, calme, tranquille et vide. Il n’y a pas de blocages, pas d’inhibitions (quelles soient émotionnelles ou intellectuelles) qui amèneraient à la confusion ou à l’obscurcissement de l’image de la fureur. Et comme les détails qui étaient perdus étaient aléatoires ou petits, la partie du modèle qui reste est finalement un peu plus pure dans la fureur plus souvent qu’elle ne l’est pas. On devient alors capable d’alterner entre ces deux états comme on monte ou descend le long d’une échelle. On entre en fureur, et on se brûle soi-même et on devient helblindi. Cela purifie l’esprit et repose le corps et ainsi lorsqu’on repasse en état de fureur, elle en est plus forte et plus pure, ce qui amène à brûler le moi à nouveau, etc.

Il est possible de développer cet état encore plus fortement en apprenant comment atteindre les états de fureur et de helblindi simultanément dans deux différentes parties de l’esprit, séparant alors un point de vue en deux, et d’autres permutations ultérieures, mais ceci serait difficile à transcrire par écrit.

Il y a trois façons pour le berserkr d’aborder la fureur du berserkr. La première est de l’ignorer totalement. Je ne le recommande pas, cela ne fera qu’induire plus de souffrance. La deuxième est d’apprendre juste assez pour la contrôler. Ce qui veut dire, l’empêcher de venir de manière involontaire, et même peut être d’entrer en fureur délibérément à l’occasion. Cela peut être rapidement appris et implique principalement d’écumer (exprimer assez d’émotion à travers les grognements, se battre dans le vide, frapper des objets, etc. pour l’épuiser entièrement), et de garder les émotions à l’intérieur et inexprimées (pour que leurs énergies ne soient pas gaspillées) respectivement. La troisième est de la développer comme une pratique religieuse extatique et/ou un art martial.

Pour ceux qui inclinent pour la troisième approche, je vais ici rapporter certaines des techniques d’entraînement que j’utilise. La plus simple est de lancer de gros rocher au loin. C’est une façon simple d’apprendre à la fois à focaliser la conscience, le corps et l’esprit de la bonne façon au bon moment, et de mesurer les changements dans la force. J’utilise à la fois des pierres de 25, 55, ou 75 kg en fonction des techniques sur lesquelles je travaille. Le saut en longueur debout est bon aussi. Attachez des pièces au plafond avec une ficelle, placez vous au milieu d’elles, et en utilisant seulement la pointe d’un simple couteau, empêchez les de vous frapper ou de s’entrechoquer. Cela développe un contrôle précis et un sens de la psychetachia. Faites la même chose avec à la fois des pièces ou de petites pierres au dehors, placez des poteaux dans le sol entre eux, et faites l’exercice en vous tenant seulement sur les poteaux. Essayez avec une pièce ou deux, avec les yeux bandés, de développer votre ouïe, votre instinct, et à travailler la mémoire, ainsi que de maintenir un état unitaire à la volée avec quelque chose d’aussi abstrait d’un ensemble de circonstances. La chose importante à développer au départ est quelque chose que j’appelle l’instant dagaz. Dagaz signifie “crépuscule”, le moment où une chose devient quelque chose d’autre. Ceci est du au fait qu’il n’y a pas deux types de mémoires, comme décrit communément, mais trois. Il y a la mémoire à long terme, la mémoire à court terme (quelques minutes en arrière), et la mémoire de travail. La mémoire de travail se souvient de tout ce qui va d’une fraction de seconde à quelques minutes en arrière. C’est une conscience largement inconsciente, et elle est incroyablement détaillée. Il semble, par l’expérimentation, virtuellement n’y avoir aucune limite aux détails de cette mémoire de travail. Je crois que c’est parce que si peu de temps est passé, qu’il n’y a pas eu le temps pour les association inconscientes, et encore moins de traitement conscient. Pour dire cela d’une autre façon, l’esprit est dans un état unitaire par défaut avec l’objet de son attention, il en a une connaissance parfaite, parce qu’il n’y a pas eu assez de pensée à son sujet pour la fausser. Les actions prises par réflexe à une conscience du contenu de la mémoire de travail vont être exactes. L’entraînement peut accroître la durée de temps durant laquelle l’image de la mémoire de travail reste pure. Il peut aussi améliorer la durée de temps durant laquelle on reste de le bon état en apprenant comment glisser d’un moment dagaz à un autre.

Une autre chose qu’il est important d’apprendre, est une leçon de nos prédécesseurs. On dit parfois que la fureur du berserkr pousse les berserkir à accomplir des actes qu’ils trouvent répréhensibles lorsqu’ils retrouvent leurs sens. Ou bien ils étaient de telles terreurs impitoyables qu’ils n’en ressentaient aucun remords. Ceci est dû au fait qu’ils abordaient la fureur par la voie la plus facile, et autorisaient la rage pure à être leur passerelle. Celle-ci, lorsqu’elle se transcende elle-même dans l’émotion de l’état unitaire, peut devenir alors une chose noire et horrible. Toute rage transcendante requiert un certain manque de discipline. Mais d’autres émotions peuvent en dépendre. J’utilise un mélange de rage, d’amour, de peur et d’avidité de nouvelles expériences. (Cette dernière émotion vient des noms des loups d’Odin, Freki et Geri, qui signifient tous les deux “goulu/gourmand/avide”). Cela provoque une fureur plus équilibrée, mais tout aussi forte (du moins à ce qu’il me semble). Donc nous ne pratiquons pas précisément ce que nos ancêtres pratiquaient, mais cela correspond au fait qu’Odin a changé aussi.

En conclusion, je n’ai pas grand chose à dire de plus. Je ne voudrais échanger ma vie pour aucune autre, bien que les conséquences de celle-ci sont souvent infernales. Je ne la recommande pas si vous en avez le choix. Et je souhaiterai avoir des retours d’autres berserkir. J’aimerai entendre les différences entre leurs expériences et la mienne. Je serait intéressé de connaître les techniques d’entraînement que vous utilisez. Je voudrais simplement savoir à quoi ressemble l’expérience vécue d’un autre point de vue. Et plus spécialement comment les autres animaux y sont reliés. J’essaye encore d’apprendre.

Texte original: http://www.uppsalaonline.com/uppsala/berserk.htm
Auteur: Wayland Skallagrimsson
Traduction: Úlfdís 2007.

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10 responses to “La fureur du Berserkr”

  1. uninternaute says:

    Bonsoir,
    J’ai lu ton article et j’aurais voulu en savoir plus sur les Berserk. Le fait de naître Berserk par exemple. J’ai plusieurs des signes dont tu parles, comme les épaules larges, l’hypersensibilité, les sens exacerbés, j’ai un “problème” d’hypersensibilité au bruit, ou à certains sons, et une vue très perçante et une force physique au-dessus de la moyenne. J’ai également une facilité à entrer en fureur, quasi naturelle et cela m’a posé problème, ou parfois sauvé quand j’ai dû me battre. Je ne sais pas du tout si je pourrais être un Berserk mais je trouve des similarités étonnantes dans ta description. je suis aussi capable d’entrer en fureur volontairement, sans qu’il n’y ait une cause extérieure qui le provoque. En fait c’est comme si le côté animal était constamment présent, malgré tous mes efforts pour essayer de devenir plus zen en pratiquant arts martiaux, méditation depuis bien longtemps.

    • Úlfdís says:

      Bonjour,
      Ce que vous décrivez semble indiquer que vous êtes un berserkr de façon “innée”.
      Cordialement

      PS: désolée pour le temps de réponse mais WordPress avait considéré votre commentaire comme du spam.

  2. Internaute says:

    Bonjour, je ne sais pas si ce site est encore actif mais si c’est le cas j’aimerais vous soumettre mon expérience pour avoir votre avis.

    La lecture de ce site à été troublante à bien des égards car bon nombre de points qui y sont exposés sont similaires à ce que j’ai déjà expérimenté par le passé.

    Depuis pas mal d’années, je suis sujet à des “crise de rage” qui viennent dans les situations de stress. Durant cet état second, ma force et mes réflexes sont décuplés mais mon jugement s’en retrouve altéré. Par ailleurs, je ne ressens ni douleur, ni remords. Il s’ensuit une extrême fatigue suivie d’une très grande faim. Ces expériences ont toujours été traumatisantes pour moi d’autant que mes ainés (mon père et mon grand père) ayant fait ces mêmes expériences n’ont pu me donner des pistes concrètes pour maitriser cet état second. Les premières crises sont venues vers l’âge de sept ans et me hantent depuis…

    Beaucoup de symptômes décrits dans l’article me correspondent. J’ai les épaules trop larges compte tenue de ma taille, j’ai une certaine sensibilité des sens en particulier l’odorat et un côté animal présent dans chaque partie de ma vie. Il y a bien d’autre similarités…

    Je ne sais pas si je suis un berserk mais je vois dans votre article aujourd’hui, je vois une piste pour contrôler cet état. Avez vous des conseils ou des lectures à proposer qui pourraient aider?

    Bien cordialement

    • Úlfdís says:

      Bonjour,

      Au vu de ce que vous décrivez, il semble en effet très probable que vous soyez un berserkr. Ayant du apprendre à me controler par moi même je n’ai malheureusement aucune lecture à vous conseiller. Par contre je peux vous recommander de vous inscrire sur le forum afin de discuter avec d’autres berserkir qui s’y trouvent.

      Cordialement

  3. keranne says:

    Bonjour,
    j’ai été réellement impressionnée par ton article. En effet, j’écris plusieurs livres, et dans ces livres, revient régulièrement un personnage, Farkas. Sans le vouloir ou sans m’en apercevoir, ce Farkas correspond exactement à ce que tu décris. Je ne pourrais exactement me l’expliquer, mais cela est le cas.
    Farkas est un personnage hypersensible, désirant être solitaire et hors de la société bien qu’il dépende du regard des autres. Sa description physique correspond à celle que tu indiques ( très grand, épaules larges, pilosité élevée… ).
    Il a la capacité de faire entrer en lui “l’esprit du berserk” ( j’ai utilisé le terme “esprit” bien que n’ayant jamais lu ton article ni entendu parler de choses avoisinantes ). Cet état est généralement causé par une émotion plus forte que les autres ( le plus souvent souffrance ou douleur en empathie avec une personne extérieure ), qui le fait entrer dans un état de “fureur” où la partie consciente de son être disparait. Son esprit conscient est remplacé par ses réflexes, ses instincts ( c’est donc son cerveau reptilien qui prend le contrôle ). Sa force, ses sens, sa vision du monde est exacerbée, il devient capable d’exploits que l’on pourrait qualifier de surhumains. Comme tu l’as exprimé toi-même, ses yeux changent de couleur, et deviennent rouge suite à afflux sanguin. Lorsqu’il reprend contrôle de lui-même, c’est comme s’il reprenait contact avec le réel. Il est généralement exténué, peut entrer en dépression suite aux actes qu’il as fait involontairement, et la douleur suite aux blessures qu’il aurait pu faire revient d’un coup.
    Tout ce que tu as décrit explique exactement les états par lequel passe mon personnage, au point que cela me fait presque peur.

    Voilà, c’était simplement pour te dire à quel point je suis bouleversée par les similitudes entre un personnage inventé de toutes pièces et des personnes existant réellement. Excuses-moi si mon commentaire n’est pas constructif sur ce que tu recherchais, mais il fallait que je me lâche.

    • Úlfdís says:

      Bonjour,

      Merci de ce commentaire très intéressant au contraire car il montre que l’archétype du berserkr est bien ancré dans l’inconscient collectif au point de ressortir spontanément chez des auteurs qui ne connaissent pas forcément bien cette thématique.
      Cordialement

  4. Cloud says:

    Bonjours,
    J’ai lu les articles de votre site sur les berserkr et je voudrai savoir si j’en suis un. J’ai quelques caractéristiques que vous décrivez plus haute. j’ai des épaules un peu largue malgré que je ne fasse qu’ 1m75 et je suis plus poilu que les personnes de mon âge. Je fais aussi parti de ces personnes qui naissent hypersensible car j’ai toujours ressenti mes émotion pleinement ou plutôt sans limite. Mes sens sont aussi très développés. Je ne supporte pas les bruit trop fort et répétitif, je suis sensible aux odeurs et je suis très observateur. J’ai une force normal même si je manque d’entrainement. Mais lorsque je suis furieux, elle augmente radicalement. Par exemple, lorsque que j’avais 5 ans, j’ai soulever une table, qui devait faire deux fois mon poids, sans le moindre effort. J’étais furieux mais ça s’est calmer dans les secondes qui on suivit. Je me suis éloigné pour me calmer et j’ai ressenti de la fatigue. Depuis cette époque j’évite autant que possible de me mettre en colère mais même si j’essai de rester le plus calme possible, je sens toujours cette fureur enfuit au plus profond de moi qui peut resurgirent à tout moment. Heureusement je n’ai jamais blesser personnes jusqu’à présent mais ça préoccupe. Lorsque ça arrive je perd la capacité de parler et j’adopte un comportement animal comme montrer les crocs. Mes muscles se tendent et gonfle. Je perd totalement le contrôle. Tout devient noir et la seul chose qui m’anime, c’est détruit celui qui m’a poussé à bout. C’est très bizarre comme sensation car j’ai l’impression d’être divisé en deux. Même se mon corps bouge tout seule je voie à travers mes yeux mais je me voie aussi de l’extérieur de mon corps et lorsque je réalise ce qui se passe, ça me demande une énorme quantité d’énergie pour reprendre le contrôle. Au point que je suis vraiment fatigué et bien plus faible qu’en temps normal.
    Voilà. Je n’ai apprit que récemment que j’étais hypersensible mais malgré tous ce que j’ai lu sur le sujet, je n’ai rien trouver qui explique cette fureur qui m’habite. Je vous est donné tous ces détails pour savoir si je suis bien un berserkr ou pas car c’est la description de cette état qui correspond le plus à ce que vit dans ces moment là. Et si c’est le cas. Je voudrai apprendre à le maîtriser.
    Cordialement.

    • Úlfdís says:

      Bonjour,

      Ce que vous décrivez ressemble effctivement à la fureur du berserkr. Il y a plusieurs personnes comme vous sur le forum, je vous recommande donc de vous y inscrire afin de pouvoir en discuter directement avec eux.

      Cordialement

  5. azarius says:

    Effectivement, la lecture de votre article n’était pas innocente et même l’une des résultantes des recherches que je mène. Votre description du “Berserkr” est assez édifiante (bien que je ne parvienne pas à en prononcer la phonétique) et je m’y reconnaît au travers de ce que je suis. J’ai, avec le temps, tenté tout d’abord d’oublier, de me cacher à cela tant mon entourage trouvait mes comportements et attitudes étranges et incompréhensibles … j’ai même fui à une époque l’endroit où vivaient mes ancêtres croyant à une malédiction. Aujourd’hui je me sens quelqu’un de nouveau, de plus réfléchi et je tente de renouer avec mes atavismes normands. Le bruit courait par certains parents d’alliance qu’au sein de la famille mon nom était synonyme et lié à une forme de folie inconnue à l’époque (ce qui me porte à croire que je ne suis pas un cas isolé mais bel et bien l’héritier de ce que la plupart des gens prennent pour de la folie). J’ai également trouvé beaucoup de similitudes dans mon existence et mes actes avec ce que vous décrivez de vous (non, contrairement a ce que pensent certains ce n’est pas dû à l’alcool, par ailleurs je ne bois pas !). Je citerais uniquement un dernier exemple en date bien que cette fureur et assimilation à un loup ou un fauve me soit arrivée souvent pour diverses raisons et pas uniquement en termes de conflits physiques avec autrui.
    Exemple,l’été suivant mes 53 ans je me trouvais avec ma femme à commander quelque nourriture à emporter, le climat était serein et nous étions tout à fait détendus lorsqu’un jeune homme grand et visiblement très musclé est venu me prier de lui laisser ma place car l’attente lui semblait trop longue. Ma réponse fut nette, je le priais de bien vouloir se calmer et de retourner à sa place mais il insista très lourdement en vociférant à quelque centimètres de mon visage, je mis ma main sur son front et le poussais fortement vers l’arrière. Sitôt qu’il eu réalisé ce qui venait de se passer (1/2 seconde) je vis dans son regard et lu un affrontement inévitable, il se précipita vers moi et lorsque le contact viril s’établit, je n’était plus le même, j’étais devenu une bête violente et instinctive lui portant des coups à même de tuer sans conscience ni raison… L’entourage hurlait d’effroi et me fit reprendre conscience, c’est à ce moment que je me rendis compte que mon adversaire était évanoui, en sang. Je pris honte du regard de l’entourage sur moi, j’aurais cru qu’ils regardaient une bête fauve dans un zoo horrifiés de ce que je venais de faire avec l’appréhension de ma proximité sans grillages… J’avoue être souvent effrayé plus par mon possible comportement que la taille si imposante soit-elle d’un individu. Je suppose que votre origine diffère peu de la mienne et j’aimerais connaitre plus en profondeur vos expériences sans toutefois vouloir vous importuner.
    Cordialement
    Fabrice
    PS : Si je devais poser une question ce serait : A quoi peut encore servir aujourd’hui un état tel que celui-ci qui risque d’être dangereux alors que le monde a changé. Serait-il possible de le transgresser vers un état plus adapté au monde contemporain ?

    • Úlfdís says:

      Bonjour,

      Ce que vous décrivez ressemble effectivmeent à une crise de fureur berserkr. Si vous le souhaitez le forum est toujours actif, et vous pourrez venir y discuter avec d’autres berserkir.
      Cordialement

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